Ke des eKstraits
de mon eKsistence,
cinKante années
à Koups de Ziks
et de ZiG-ZaGs.
(si tu réduis la fenêtre
de ce ZiK blok ,
tu peux vaquer
à tes p'tites affaires
en écoutant)
L'hôtel était luxueux : à trois cents euros la nuit, on l'imagine bien, revêtu de marbres roses et pavé de bonnes attentions du personnel, très généreusement féminin.
Le jardin attenant regorgeait de luxuriance, d'autant plus qu'il surplombait de vastes étendues de dunes avenantes, hérissées d'oyats turbulents. Une belle jardinière, vêtue de peau et à la chair abondante, y traquait les gourmands avec dextérité et entêtement, sécateur au poing. Je me gardai d'approcher la castratrice et gagnai plutôt la terrasse où j'avais vue sur mer, toute en lames et en bruits de fond, et dont la musique me chatouillait agréablement les narines.
Je me posai comme une mouette curieuse sur un fauteuil. Aussitôt, une jeune femme au sexe glabre vint m'apporter une vaste coupe de melons, ronds et mûrs comme les siens, deux carafes de jus de pamplemousses roses et une incontournable bouteille d'alcool.
Je la caressai distraitement du bout des yeux, tout en me préparant une flûte deux-tiers bouteille et un-tiers carafe. Enfin, je pouvais m'adonner à mon vice favori.
Il consistait à l'attendre, elle.
Et, comme tous les jours à la même heure, elle s'en vint sur la plage, dévêtue comme à son ordinaire, une immense serviette en tissu à la main. Je la laissai s'installer sous le soleil, étirer lascivement son drap orange sur le sable et s'étendre de tous ses membres avant d'y allonger ses courbes et langueurs.
Je la dessinais mentalement dans mes propres draps frais, à l'abandon sur l'oreiller après un tendre matin d'amour insensé. Le blanc chemisier en dentelles découvrait sa poitrine et, couché à ses côtés, je nous resservais tranquillement un cocktail.
La rumeur de notre hôtel la qualifiait de débauchée, d'autres disaient encore que cette femme se baignait davantage dans le stupre que dans la mer. Moi, je n'en pensais rien : je la contemplais de loin en sirotant mes verres, méticuleusement les uns après les autres.
Vint le fond de la bouteille.
Ivre, je touchai le fond.
Je m'étais alors endormi, les sens assouvis.
Extrait de « Les avatars de Monsieur Topo' », roman que je n'écrirai jamais.
illustration de Jean-Baptiste Valadie
Publié par topotopzine à 13:41:57 dans TOF dé... chaîné | Commentaires (12) | Permaliens
Illustration de Raymond Reynaud
Publié par topotopzine à 10:58:12 dans TOF dé... chaîné | Commentaires (14) | Permaliens
L'AVARICE, ...
Toujours ta chaudière à moins de 20° en hiver tu mettras (un bon pull l'affaire fera)
Toujours les pots, les boites, les packs d'emballage tu conserveras (ta femme en bricolages les recyclera)
Toujours le dos des tickets de caisse tu réutiliseras (une adresse, un numéro de téléphone, une liste de commissions, ... tu écriras)
Toujours à pied, en vélo, en transports en commun tu iras (aucune voiture tu n'auras)
Toujours dans les hypermarchés les moins chers tu achèteras (Aldi, Colruyt, etcetera)
Toujours les loupiottes de veille des appareils électriques tu éteindras (veilles-y et tu verras)
Toujours, ton budget, tu équilibreras (les dettes tu éloigneras)
MAIS, toujours aussi,
Au restau', au bistrot, tes amis tu inviteras
Ton temps, à celles/ceux qui le demandent, tu donneras
Devant un bon label, une bonne marque de produit, parfois tu craqueras
Pour les cadeaux, jamais tu ne lésineras
Pour un bel objet, tu ne compteras pas
A une petite folie, de temps en temps, tu t'abandonneras
Ta tendresse, ta bonne humeur, ta gentillesse, sans réserve tu prodigueras
Illustration de KOURAI
Publié par topotopzine à 08:09:23 dans TOF dé... chaîné | Commentaires (5) | Permaliens
La paresse, l'envie, l'orgueil et maintenant le péché de colère !
OÔ mon Dieu, j'ai péché...
J'ai péché lundi, je me suis mis en colère contre ma femme
parce qu'elle était (peut-être) de mauvaise foi.
ÔO mon Dieu, j'ai péché...
J'ai péché mardi encore en reluquant les info's à la télé.
Le téléviseur s'en est sorti indemne. Pas moi, non, pas tout à fait.
ÖÖ mon Dieu, j'ai péché...
... mercredi, en invectivant par contumace mes supérieurs hiérarchiques
lors d'une réunion de travail entre collègues,
mais j'avais syndicalement raison, bon dieu.
OO mon Dieu, j'ai péché...
J'ai péché jeudi, oui, dans un tramway bondé
où des p'tits gars tripotaient assidûment le sac à main d'une dame
et prétendaient ensuite que nenni
lorsqu'un quidam le leur a fait remarquer.
oO mon Dieu, j'ai péché...
J'ai péché vendredi, devant ce guichet
où je n'avais besoin que de poser un seul pauvre document,
où la fonctionnaire faisait la sourde oreille
pour me renvoyer du bout du doigt au guichet d'à-côté,
où m'attendait une file de 20 personnes.
oo mon Dieu, j'ai péché...
Samedi, oui, samedi aussi, j'ai pêché
mais je ne m'en rappelle plus vraiment...
Et dimanche, mon Dieu, j'ai remis ça...
en constatant une fois de plus
ce qu'on fait en ton nom, ici et ailleurs...
là et encore !
illustration : Arman (1962) panneau en bois 770x510x80
Publié par topotopzine à 08:56:46 dans TOF dé... chaîné | Commentaires (12) | Permaliens
Avant-hier, la paresse, hier l'envie, aujourd'hui, le péché d'orgueil...
Publié par topotopzine à 09:14:52 dans TOF dé... chaîné | Commentaires (8) | Permaliens
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