Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

ZiK BiOTEK

les ZiG-Zags du ZiG

ZiG-ZaG on the ZiK


Ke des eKstraits
de mon eKsistence,
à Koups de Ziks
et de ZiG-ZaGs.

Une musiK,
même si on ne l'ékoute pas,
on l'entend.
Et, kand ce fond sonore
s'est kollé sur nos souvenirs,
il suffit par la suite
de kelkes notes
pour les raviver.
 
Si ce n'est
pour le plaisir de la lekture,
ke ce soit au moins
pour celui des oreilles.





(réduis la fenêtre
de ce ZiK blok ,
et tu pourras vaker
à tes p'tites affaires
en ékoutant)



 


Rechercher

<< TOP directions | TOPbook | TOPland >>

TOPbook | 24 septembre 2006

EDITION DU SAMEDI - EXTRAITS

(...) Il me conta entre autre comment les intellectuels du Moyen-Age, à une époque où le papier était un matériau parmi les plus rares, mémorisaient sans aucune prise de notes le contenu de leurs connaissances, tout comme celui de leurs propres oeuvres. En fait, m'expliqua-t-il, tout un chacun se bâtissait mentalement un château, pierre par pierre, muraille après muraille, du logis aux tours d'angles, de la lice aux pinacles du donjon, de la basse-cour à la chapelle. Les salles étaient ensuite virtualisées avec soin, une à une et les unes par rapport aux autres, ainsi que les multiples itinéraires d'accès des unes comme des autres. Puis, une fois que la déambulation du maître des lieux pouvait s'effectuer à l'aveugle et à la perfection au sein de toutes les parties de l'édifice, il envisageait enfin d'habiter et de meubler cet échafaudage essentiellement psychique, non seulement des matières recueillies hors des livres rarissimes auxquels il avait eu accès, mais encore des diverses expériences et considérations auxquelles il avait abouti et, plus pragmatiquement encore, des brouillons de ses recherches, de ses trouvailles, de ses écrits. Cela ne m'était certes pas aisé à comprendre et, pour m'y aider, Christophe comparait cela à un système informatique. « Lorsque vous allumez votre ordinateur afin d'y chercher un document, par exemple... », me disait-il avec justesse, « ... vous savez la plupart du temps quel cheminement suivre parmi les méandres des icônes pour y accéder, n'est-ce pas ? Et, au sein même de ce document, n'avez-vous pas mémorisé l'emplacement de telle ou telle partie de votre travail ? ». J'avais effectivement mémoire d'avoir possédé précédemment  cette curieuse, mais pourtant naturelle, faculté.

Christophe prétendait que ce château virtuel était analogique à nos ordinateurs actuels, à la seule différence qu'une machine idiote remplaçait aujourd'hui l'organe sous-développé qu'est notre extraordinaire cerveau. « Bâtissez votre château intérieur... », me tançait-il jour après jour, « Rangez-y chacune de vos pensées et compilez-y méticuleusement chaque parcelle de votre mémoire. Vous verrez : par la suite, une simple exploration mentale vous permettra de retrouver tout ce que vous y aurez accumulé, des pinacles du donjon aux cloaques des oubliettes... ».


Ainsi l'avais-je finalement bâti, mon castel mental, pierre par pierre, muraille après muraille, salle d'armes comme salle de ripaille, le donjon, de sa chemise aux pinacles, comme le logis jusqu'à son chemin de ronde, quatre tours d'angles et même une chapelle. Quand ce bel ouvrage fut achevé, je pus envisager d'entreprendre mon travail avec sérénité et, arpentant fièrement la haute cour en solitaire, j'emportais toujours sous le bras un coffret minuscule dans lequel, sur une soie bleue damassée, j'enfermerais mes idées les plus récentes avant de les ranger ici ou là avec méthode.

La tâche me parut néanmoins particulièrement complexe car il n'était pas question, bien vu bien entendu, d'utiliser des mots, des phrases, des paragraphes ou des chapitres comme autant de poupées gigognes. Plus judicieusement, il s'agissait de les configurer par quelque représentation métaphorique, allégorique, emblématique ou encore symbolique. De longues heures studieuses durant, j'élaborai donc un tissage conducteur dont chacun des lambeaux s'affichaient, de salles en salles et d'étages en étages, au sein des trois tours d'angles parmi les quatre que je m'étais construites. J'avais en effet réservé la tour sud-ouest comme espace de réserve au cas où une pensée transversale dont je n'aurais pas d'utilité sur le champ me traverserait la tête. De fait, l'aménagement de mon castel ressemblait diantrement à celui dont j'avais vraisemblablement organisé mon ordinateur personnel, pour peu que j'en eusse eu un auparavant.

J'abordai finalement l'écriture même du roman, me répétant une bonne centaine de fois chaque phrase avant de passer à une autre, et ainsi, laborieusement, de suite. Les personnages surgissaient à l'improviste, tous inspirés des rencontres occasionnelles qu'il m'était donné de faire en cette demeure. Bien souvent, le modèle d'origine pouvait paraître peu captivant - telle cette femme noire insipide qui me parlait comme si j'étais un gamin ou cette blonde fadasse d'un âge certain qui ne desserrait jamais les dents pour autre chose que me lancer des ordres -, aussi me fallait-il encore opérer en chacun d'eux quelque modification générique afin d'être en parfaite adéquation avec la trame de l'histoire.

Celle-ci, dans un sens, était simple comme celle d'un roman à cinq sous qu'on s'offre pour passer agréablement le temps entre deux gares. Il y avait des crimes à foison, du sexe à profusion et un bien maigre fil conducteur guère plus gros qu'un filet rassemblant les bas morceaux d'un rôt de porc. Dans un autre, elle se complexifiait au caprice des événements qu'il m'était donné de subir en ces lieux. Ainsi, d'un cadavre à l'autre, je ne faisais qu'expurger de moi divers sentiments contradictoires envers l'une ou l'autre personne qui m'entourait bien contre mon gré. Ceux que j'épargnai dans un premier temps avaient certes eu le don de m'être sympathiques d'emblée, mais, à terme, il me devint de plus en plus malaisé de les garder en vie. Mon exorcisme était à ce prix. L'histoire ne s'en portait pas plus mal pour autant et, mieux encore, bénéficiait de ces multiples rebondissements. (...)

Nouvelle en filigrane du roman "Moeur's frisson" - 194 pages - 1999
Dessin de M.C. Escher



 

Publié par topotopzine à 08:29:39 dans TOF machins remâchés | Commentaires (17) |

04-10-2006  10:35  04-10-2006 10:35
J'ai trouvé  De  Eve  Sujet:  J'ai trouvé
ce que je cherchais. Bisouxx encore
26-09-2006  22:34  26-09-2006 22:34
Ne sois surtout pas désolée, Eve...  De  topotopzine identité certifiée Sujet:  Ne sois surtout pas désolée, Eve... Url: [Liens]
J'aime...
26-09-2006  13:03  26-09-2006 13:03
Dérapez  De  Eve  Sujet:  Dérapez
quand vous voulez cher Bernard, j'aime bien les Smouitch ! et désolé, j'aime bien m'imaginer des choses... Bisouxxx
26-09-2006  09:50  26-09-2006 09:50
Moi, rien...  De  topotopzine  Sujet:  Moi, rien... Url: [Liens]
Que vas-tu donc imaginer, Eve, mmmh ? Smouitch ! (M...iel, j'ai dérapé !) ;o}}
26-09-2006  00:58  26-09-2006 00:58
(un peu...  De  Eve  Sujet:  (un peu...
mieux vaut tard que jamais... Et que veux dire ce: ah, ça Eve ?
26-09-2006  00:15  26-09-2006 00:15
(un peu en retard)  De  topotopzine identité certifiée Sujet:  (un peu en retard) Url: [Liens]
Ah ça, Eve !
24-09-2006  10:09  24-09-2006 10:09
chut pas trop fort  De  Eve  Sujet:  chut pas trop fort
le dormeur se lève dans 2 h pour la boulot. Et comme je suis pas très fidèle, j'aime bien être avec un autre alors qu'il est là juste a coté...
24-09-2006  10:03  24-09-2006 10:03
SMACK !, ALORS...  De  topotopzine identité certifiée Sujet:  SMACK !, ALORS... Url: [Liens]
Hé HO, LE DORMEUR ? TU RONFLES ALORS QUE TU AS UNE BOMBE à CôTé DE TOI ?
24-09-2006  09:54  24-09-2006 09:54
pas obliger  De  Eve  Sujet:  pas obliger
de chuchoter, y'en a un qui ronfle derrière moi... Et je suis en congé dimanche !!
24-09-2006  09:51  24-09-2006 09:51
3 h 50 et tout va bien...  De  topotopzine identité certifiée Sujet:  3 h 50 et tout va bien... Url: [Liens]
(chuchotis) ... j'espère que tu ne travailles pas trop tôt demain !
24-09-2006  09:48  24-09-2006 09:48
c'est de ta faute  De  Eve  Sujet:  c'est de ta faute
tu parle trop fort, je ne suis pas capable de dormir.
24-09-2006  09:45  24-09-2006 09:45
Ouh là ! Hou là !  De  topotopzine identité certifiée Sujet:  Ouh là ! Hou là ! Url: [Liens]
T'avais pas sommeil, toi ?
24-09-2006  09:42  24-09-2006 09:42
je sens ta mains  De  Eve  Sujet:  je sens ta mains
et la chaleur de tes joues rouges.
24-09-2006  09:37  24-09-2006 09:37
Meuh non...  De  topotopzine identité certifiée Sujet:  Meuh non... Url: [Liens]
Tu ne sens pas ma main, là ? (allez ouste, les autres !) ;o} sourire d'ange
24-09-2006  09:30  24-09-2006 09:30
tu dors alors  De  Eve  Sujet:  tu dors alors
que c'est moi qui devrait
24-09-2006  09:18  24-09-2006 09:18
... Rrron... Rrrrron...!  De  topotopzine identité certifiée Sujet:  ... Rrron... Rrrrron...! Url: [Liens]
(petits ronrons sur ton épaule...)
24-09-2006  09:06  24-09-2006 09:06
Hé Bernard  De  Eve  Sujet:  Hé Bernard
tu m'empêche de dormir et tu te pousse ?!

Ajouter un commentaire

Nom :
Email :
Url :
Sujet :
Texte :
Code :
si vous n'arrivez pas à voir le code Cliquez ici