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ZiK BiOTEK

les ZiG-Zags du ZiG

ZiG-ZaG on the ZiK


Ke des eKstraits
de mon eKsistence,
à Koups de Ziks
et de ZiG-ZaGs.

Une musiK,
même si on ne l'ékoute pas,
on l'entend.
Et, kand ce fond sonore
s'est kollé sur nos souvenirs,
il suffit par la suite
de kelkes notes
pour les raviver.
 
Si ce n'est
pour le plaisir de la lekture,
ke ce soit au moins
pour celui des oreilles.





(réduis la fenêtre
de ce ZiK blok ,
et tu pourras vaker
à tes p'tites affaires
en ékoutant)



 


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TOP Colin-Maillard | 14 septembre 2006


EDITION AVANCEE DU SAMEDI 16 SEPT 06 / TOP écritures / extraits de romans, nouvelles et textes perso's. 







Hanté par ses cousines et sa tante depuis l'enfance, Colin Maillard ne parviendra jamais à balayer ses vieux fantômes, d'autant plus quand, bien des années plus tard, ils ressurgissent en chair et en os...







« COLIN-MAILLARD par Colin Maillard »
roman / 187 pages / 2002 / court extrait


 (...) On bâtit parfois son bonheur sur bien peu de choses : une femme séduisante, des enfants magnifiques, une grande maison avec jardin, un job intéressant, relativement stable et rémunérateur, des projets en tête et, pour épicer le tout, un gros album de souvenirs. Mais, selon notre tradition judéo-chrétienne, un tel don du ciel n'est jamais sans retour de flamme. Ainsi, cycliquement, la nostalgie prend insidieusement le pas sur les perspectives d'avenir et, comme nous savons tous qu'il nous est impossible de revenir en arrière, arrive alors la crise brutale, irrationnelle, irrépressible qui ne se résout bien souvent que par une fuite en avant.
Voilà en substance, selon les dires de Mademoiselle Astra, ce qu'il était en train de m'arriver. J'avais vingt-neuf ans et, par ailleurs, ma femme également (l'âge de notre retour de Saturne), notre couple venait de fêter ses seize ans (la seizième lame des tarots n'est-elle pas représentée par l'effondrement de la tour de Babel ?), j'en étais à ma septième année professionnelle (signe d'accomplissement annonciateur de recommencement) et, pour corser le tout, ma fille aînée (Etar, quel drôle de nom !) avait douze ans (son tout premier retour de Jupiter et, parallèlement, ses premières révoltes d'adolescence), June, ma cadette en avait six (l'âge des doutes) et Aïno, du haut de ses huit ans, connaîtrait tôt ou tard ses premières distinctions entre le juste et l'injuste.
Mademoiselle Astra avait certes un don de double-vue extraordinaire : celui d'écouter attentivement les gens et, en parallèle, celui de leur extorquer de l'argent. Néanmoins, et en dépit de ses tarifs - de fait très... libéraux -, j'eus volontiers passé une heure supplémentaire en sa compagnie pour lui découvrir d'autres talents plus cachés même si, en définitive, elle n'avait aucun point commun avec mes jolies cousines, et moins encore avec ma tante.
De plus, rétrospectivement, je me dis que, en matière de prémonition, je lui aurais sans aucun doute damé le pion.


 « Vous avez rendez-vous avec votre Io... en deux lettres... lundi prochain, à 11 heures... », me dit Anita sans lever le nez de son magazine et, en l'occurrence, d'une grille de mots fléchés à moitié achevée. Je jetai un œil sur l'horloge au-dessus d'elle. Il était une heure moins trois et ma secrétaire ne perdrait certes pas la moindre miette de son heure de table, mais je pensai avec une satisfaction sadique qu'elle ne parviendrait pas à remplir toutes les cases avant la fin de son break, ni même avant cinq heures, en ma présence tout au moins. Je fis semblant de m'affairer dans l'armoire à dossiers à seule fin de la prendre en flagrant délit dès treize heures sonnantes mais elle me prit de court. « Vous savez, Monsieur Maillard, je n'ai pu toucher votre Io Vérone qu'à midi huit précisément... » , me nargua-t-elle de sa petite voix de serpent, « ... et notre conversation a duré exactement trois minutes vingt-deux ! ». Un court instant, j'ai eu l'envie de la prendre à la gorge mais, me connaissant, je savais trop bien comment cela risquait de finir. En effet, ce que j'éprouvais pour Anita n'était pas sans contradiction : d'un côté, j'avais envie de la faire souffrir moralement, voire même physiquement, mais, d'un autre, la manière dont j'avais envie de lui faire mal n'était pas sans ambiguïté. Je demeurai donc à distance de ses petits seins pointus sous son tee-shirt moulant.
Elle me gratifia d'un regard vide et, accessoirement, d'une bouffée volatile de son parfum. « Cela vous pose un problème que je récupère mon quart d'heure ? », dit-elle encore avec une ingénuité exaspérante. J'humai son 'odeur de la vanille comme un bouc en rut et gagnai illico mon propre bureau plutôt que lui sauter dessus, d'une manière ou d'une autre. Je refermai précautionneusement la porte derrière moi, pour rester seul avec de bien lointains souvenirs que j'avais cependant réussi à évacuer pendant mes seize années en compagnie de Nastasia.
J'essayais de me secouer mais je n'arrivais qu'à me lamenter davantage sur mon propre sort. De surcroît, sur l'épaule de qui aurais-je pu effilocher mes vieux secrets ?, pensais-je, l'œil hagard et la main prostrée inutilement sur le cornet de téléphone. (...)
 

Publié par topotopzine à 07:38:19 dans TOF machins remâchés | Commentaires (0) |

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