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ZiK BiOTEK

les ZiG-Zags du ZiG

ZiG-ZaG on the ZiK


Ke des eKstraits
de mon eKsistence,
à Koups de Ziks
et de ZiG-ZaGs.

Une musiK,
même si on ne l'ékoute pas,
on l'entend.
Et, kand ce fond sonore
s'est kollé sur nos souvenirs,
il suffit par la suite
de kelkes notes
pour les raviver.
 
Si ce n'est
pour le plaisir de la lekture,
ke ce soit au moins
pour celui des oreilles.





(réduis la fenêtre
de ce ZiK blok ,
et tu pourras vaker
à tes p'tites affaires
en ékoutant)



 


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CUMULETS | 03 septembre 2006


 
Le soleil nous aplatit comme une pâte à tarte. Cela fait déjà plusieurs mois que les oiseaux ne volent plus par avarice et que nous, nous économisons chaque geste et chaque mot.

Moi, j'écris dans ma tête et ne communique plus que par clins d'yeux.
Jeudi dernier, tu as sucé le dernier glaçon ; d'ailleurs, le réfrigérateur n'officierait plus car l'électricité ne parvient pas à traverser un air aussi caoutchouteux.
 Depuis, tu trempes l'index dans une cruche tarie et le têtes jusqu'à la nuit ; tu peux alors remettre ta peau flétrie en place pour dormir.
On ne sort plus, ou presque.
Je suis branché à la fenêtre. J'ai appris à présent l'évolution du mastic qui se craquelle.
Toi, tu vas et viens de la cruche au lit et du lit au pot d'urine que tu contemples avec complaisance. Ou bien tu t'assieds, prostrée sur ton ventre double. Tu fais ta moue qui dit tout un monde. Tu me racontes les cumulets qu'elle te fait subir ou tu pestes l'après-midi entier parce que tu en as marre, pleures-tu, marre d'être un tonneau a deux pattes. Sic, avec le doigt sur la cruche pour confirmer. Bientôt, tu lécheras des moignons.
Mais je n'ai rien dit ; je ne fais plus aucun commentaire.
Je me contente de mon grand chapeau de plomb et, le soir, ou le matin si j'espère encore la rosée, j'arrache du sol de vieilles laitues sèches que nous mastiquons longuement, en claquant la langue de plaisir. Ca nous aide à chercher le sommeil et supporter le réveil.

On en est là au bout d'un an. Souviens-toi : j'étais parti là-bas, tu revenais d'ailleurs, je t'ai coincée, tu m'as enfermé. Ici. Et je t'ai. Et tu m'as. Et puis je t'ai. Ensuite tu m'as eu. Bref, nous en sommes là, avec quelqu'une de plus qui mâchera sous peu nos dernières salades.
 
Puis, un après-midi où ça tamtammait ferme sous ta robe, ça a fait exactement pareil sur le toit et contre la porte.
J'ai été voir.
Il commençait doucement à pleuvoir et l'herbe semblait déjà pourrir sous les pieds du soldat qui avait encore le poing levé.
Il m'a montré ses galons rrutilants en saluant sans sourrire, le nez au ciel carrr il était beaucoup plus petit que moi.
- Rrréquisition !, roule-t-il en rrabattant ses cheveux trrrempés sous sa casquette. Vous séquestrrez un garrrçon du sexe mâle donc utile : nous devrrrions dont en disposerr.... Rrréquisition !
Je lui rrétorrrque donc que ce n'est qu'une fille, du sexe femelle ; l'échogrraphie est forrrrmelle.
- Le dossier l'est aussi !, se mouille-t-il, tout rraide dans frrroc de parrade.
J'abandonne le militaire aux fortes pluies, sur le seuil, je trouve les graphies dans un coin.
Je les lui montre de loin, au travers de la vitre.
- Le dossier a des doutes, doute-t-il.
J'enroule alors les planches dans un bambou, les lui fourgue dans la ceinture blanche et les envoie où il le désirera.
Sur un claquement de doigts et de bottes, il donne l'orrdrrre du départ à une garnison dégoulinante. Deux types en jupe de léopard reprennent la démesure au tambour.

Je t'ai simplement dit : « Il pleut ! »
 « Elle pleure. », réponds-tu en t'agenouillant, silencieuse vers le couchant, à tendre l'oreille vers l'eau qui coule des bords du toit.
 
Vers minuit, tu as revu le même soldat dans un songe. Tu m'as alors réveillé sans tendresse. « Il faut partir ! », criais-tu.
J'ai regardé le ciel, un ciel clair avec une lune pleine comme toi, toi qui emballe déjà déjà quelques laitues mortes, deux quignons moisis et une gourde vide dans notre unique nappe.
J'ai harnaché nos chevaux sans vie et caché leur museau dans leur sac inutile. Tu es montée très dignement sur le chariot.
Les étoiles cousaient des dessins décousus, sans queue ni tête.
Mes pieds flaquaient dans la boue.
« Il a cessé de pleuvoir. », dis-je.
« Elle a cessé de pleurer. », dis-tu,
« Tu crois qu'elle remue encore ? » et tu as fait ta moue pour signifier tout un monde.

On est partis, derrière les deux bêtes efflanquées et, elles, derrière leurs naseaux vainement empaquetés.
L'une des roues brinqueballe. J'ai roulé un peu de poussière de tabac. La route nous fait tanguer. Je tiens les rênes entre mes dents gâtées.
 
Nous en sommes là, un an après.
Je t'avais surprise par la main et tu m'avais pris par le reste. On en est là : on s'était vus dans un reflet.
 
Un mauvais tournant a failli me faire vomir et tu as craché par terre. J'ai dit « Ho ! Ho ! » ; tu es descendue aussitôt.
 
Tu accouches au bord du chemin, avec ta moue qui n'a plus aucun sens.
Et, tandis que tu lui lèches les glaires, je vais uriner plus loin, ma tête à l'envers pour mieux vous deviner.
Elle est splendide, ma fille est splendide malgré ce trou immense au sommet du crâne. Mais le vent, apparu brusquement, en sort une pleine poignée de notes.
Ton ventre est horriblement creusé.
D'un coup sec des dents, tu as arraché votre cordon et tu t'en regonfles lentement, juste le temps pour une main d'étoiles disparaître.
Je lui gazouille. Elle me flûte.
Et, là-dessus, se terminera la nuit.

Le matin nous fait tranquillement toute sa palette, hors de quoi un soleil sans nuage.
Je suis saoul de toi, de vous, les falaises sont taillées en chicots. Je les descends de roche en roche jusqu'à la mer.
Je me jette à l'eau. Je lape les vagues aux alentours.
Là-haut, elle grignote déjà toute seule l'un de nos quignons, appuyée en rond contre un escargot de pierre, sans cesser - bien entendu d'en-bas -  de siffler par son front.
Tu as un sourire qui m'est devenu étranger.
 
Je viens vous rejoindre, je gravis pierre après pierre, mes pieds et mes mains humides glissent sur la roche.
 
Tu m'as écrasé les doigts d'un talon rageur.
Je lâche prise, indécis entre le ciel et la mer. Tu recules d'un pas comme si tu craignais encore que je m'agrippe aux flots de ta robe. Tu détournes même les yeux, des fois que je m'accrocherais sournoisement à ton regard.
La mer attend ma chute.




Je ne sais pas nager ailleurs que dans votre regard, le savais-tu, toi ?


un Pêché de jeunesse de Bernard 1981, une nouvelle inclassable

 

Publié par topotopzine à 07:47:19 dans TOF machins remâchés | Commentaires (4) |

03-09-2006  10:45  03-09-2006 10:45
C'est une nouvelle assez  De  topotopzine identité certifiée Sujet:  C'est une nouvelle assez Url: [Liens]
atypique de ce que j'ai produit... Les autres sont le plus souvent réalistes et "noires" ou "ambiguës", voire X...
03-09-2006  10:43  03-09-2006 10:43
MTA  De  topotopzine identité certifiée Sujet:  MTA Url: [Liens]
... j'en ai une septantaine dans mon disque dur (non éditées)... mais je dois résoudre auparavant des problèmes de copyright. Z'hiboux à toi.
03-09-2006  10:10  03-09-2006 10:10
Cher Taupe multiblogg  De  Frenchmat identité certifiée Sujet:  Cher Taupe multiblogg Url: [Liens]
et multi-talents, j'adore ça ! C'est complètement barré, inventif et sacrément bien écrit !
03-09-2006  10:00  03-09-2006 10:00
Dis mon Taupe  De  matendreamante identité certifiée Sujet:  Dis mon Taupe Url: [Liens]
tu continueras ces nouvelles? j'espère moi... bizous tendres ici

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